Mon expérience de la Communication Non Violente



Marie Paillard, Directrice Régionale - Partner Interim








Suite à un cursus en communication Non Violente (CNV) vous avez modifié votre approche du management, pouvez-vous avant tout, nous dire ce qu’est la CNV ?

La Communication NonViolente ou CNV a été mise au point par Marshall B. Rosenberg dans les années 70.


L'empathie est au cœur de ce processus de communication. C’est un langage qui renforce notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d'en faire autant.
Il y a un lien avec deux courants de pensée :
1 - le mouvement de
Gandhi qui s’attachait à communiquer avec autrui sans lui nuire
2 - les travaux de l'économiste chilien
Manfred Max-Neef sur les besoins humains

Personnellement, c'est un mode de langage destiné à faciliter l'expression de la bienveillance à autrui.

Qu’est ce que la CNV vous a révélé?Une autre approche du management. Un mode de communication plus efficace, plus juste et basé sur les faits.

Quel a été l’apport de la CNV dans votre prise de conscience?Maintenant et grâce à cet outil, j’ai pris l’habitude de me retirer un moment pour poser ma problématique et trouver des solutions concrètes.
J’ai compris qu’il ne fallait surtout pas que j’agisse dans la précipitation comme le stress me poussait à le faire.

Qu’avez vous appris ?J’ai mis en place une technique qui me permet d’anticiper certaines situations. C’est un processus en 4 temps :
L’observation : décrire la situation en mode d’observation
Le sentiment : exprimer ses propres sentiments
Le besoin : clarifier son besoin
La demande : faire une demande concrète en respectant les critères et en la formulant positivement

Voici un exemple : Un supérieur hiérarchique rencontre mon équipe en mon absence pour se rassurer sur l’objectif à atteindre.
Je m’en aperçois et cela me mets en situation de stress.

La CNV me permet de revenir vers lui et d’élucider la situation :
- L’observation : j’ai pu voir que mon supérieur avait rencontré mon équipe directement
- Le sentiment : Cela me met mal à l’aise, je ressens de la frustration.
- Le besoin : plus de libertés d’actions pour mieux me sentir dans mon travail tout en assurant à mon supérieur une réunion hebdomadaire pour le rassurer.
- La demande : je préfère que mon supérieur me demande de le rassurer sur mon équipe plutôt que de le faire directement

Avant, ma réaction aurait été également en quatre étapes mais pas les mêmes ! :
1 - je serais allée directement dans son bureau, sans avoir préparé mes arguments
2 - Je l’aurais agressé
3 - Mes émotions m’auraient submergées. J’aurais pu avoir les larmes aux yeux.
4 - J’aurais regretté ma réaction et j’aurais eu l’impression de m'être décrédibilisée vis-à-vis de mon supérieur


Quelles applications concrètes avez-vous mis en place au sein de votre équipe ?J’applique cette méthode pour échanger avec mes collaborateurs ainsi qu'avec ma direction.

Le résultat est très satisfaisant à ce jour. Je suis plus objective et surtout aujourd’hui j’essaye de ne plus être dans le jugement car je m’appuie sur des faits.
Je m’attache à reformuler leur propos afin de m’assurer de parler du même sujet et je pose clairement ma demande tout en restant positive.

Quels effets avez-vous constaté ?Un meilleur dialogue, une certaine sérénité au sein de l’équipe,

Et la prochaine étape ?Continuer mon développement personnel